Au Japon

Suei-Bajutsu (sur terre ferme)
Sui-Bajutsu (dans l'eau)

Dans l'histoire de l'humanité, l'équitation a, semble-t-il, pris naissance en Asie Centrale plusieurs siècles avant notre ère.
Les mongols chevauchèrent les premiers la plus noble conquête de l'homme, ailleurs le cheval de guerre, une fois domestiqué ne servit qu'à la traction de chars légers.

Les mongols étaient des cavaliers redoutables bien que montant des chevaux à demi-sauvages, sans selles ni mors.

Le cheval ne prit de l'importance au Japon que tardivement, vers les V et VIème siècles, après l'invention de la selle, du mors et ensuite bien plus tard de l'étrier (IIIème siècle après JC), indispensables pour conduire avec maîtrise le cheval le plus capricieux, se lever sur les étriers, amortir le galop afin de mieux tirer à l'arc ou avec une arme à feu, pivoter en tournant le buste pour tirer en arrière ou combattre au sabre.

Le sang mongol coulant en partie dans tout japonais, il est normal que tout militaire possédant un cheval (rare et coûteux) soit passionné par l'Art de l'équitation militaire. Mais il ne fut l'apanage que de la noblesse.

Le cheval japonais comme le cheval chinois, mongol ou coréen était un petit cheval robuste. Ce poney était assez résistant, assez lent, lourd même et de caractère difficile : il fallait être un excellent cavalier sur le champ de bataille.

Il existait des écoles spécialisées tant pour la stratégie à cheval (seul ou en masse) à la technique de combat individuelle. L'art du Bajutsu comprenait ce que tout militaire japonais, chinois ou occidental se devait de connaître : maîtrise parfaite du cheval, entente avec lui, saut d'obstables, comportements dans les traversées de rivières (sui bajutsu) très nombreuses au Japon, plongeons à cheval de grandes hauteurs, fortifications des reins pour résister à de longues heures à cheval et conserver une assise solide pour combattre : épée, sabre courbé, yari, naginata et surtout le tir à l'arc monté.

Cet entraînement servait aussi à résister aux fantassins qui utilisaient les mêmes armes ainsi que des armes pour les désarçonner, telles ces sortes de crochets à une ou plusieurs dents, les immenses sabres no tachi et jin tachi pour tailler les fantassins lorsque l'on était à cheval et pour tailler les jambes des chevaux ou des cavaliers lorsque l'on était fantassin.

Comme en Occident, le cheval était réservé à l'aristocratie mais le tir à l'arc ou à pied, considéré comme non noble en Europe féodale était l'apanage de la noblesse au Japon.

La selle japonaise était en bois avec des rebords en avant et en arrière. Pour le champ de bataille, le cheval était protégé d'une armure légère en cuir avec plaques de métal et un chanfrein en métal. Le cavalier samouraï tenait une rêne dans chaque mains et les accrochait à un anneau de son armure pour combattre. Il conduisait avec les genoux et se penchait dans la direction où il voulait aller. Il effectuait des zigzaqs en allant vers l'ennemi pour éviter les fléches et lançait les siennes sans discontinuer.

Le tir à l'arc était appelé kischa, littéralement : tir à l'arc sur un cheval qui court. Les étriers dans lesquels les pieds entiers entraient, étaient fixés à la selle, façonnés de manière à ce que l'eau puissent sécouler, les campagnes guerrières nécessitant des actions avec traversée des rivières, torrents, bras de mer nombreux au Japon.

L'entraînement physique sans armes comprenait acrobaties et cascades mais aussi le corps à corps, comme certains sutemis où un cavalier se sacrifiait pour entraîner l'autre au sol.

Parmi les jeux éducatifs sur le plan martial, il existait trois types d'entraînements très prisés :

- le yabusame : tir sur trois cibles successives au grand galop.
- le togasagake : tir à 80 - 100m sur capeau accroché, effectué au galop ou à tir rapproché kasagake.
- le inuoimonoi : tir sur chien poursuivi. Avant la période heian sur singes, daims et chiens lâchés dans une enceinte. Avec flèches normales ou munies d'une boule pour ne pas tuer, flèches nommées hikime.

Le Bajutsu connut plusieurs périodes de déclin (sauf pour l'aristocratie). A l'époque des guerres civiles, avec une yari spéciale et des armes spéciales (sortes de râteaux) il était devenu trop facile à un fantassin d'accrocher ou d'atteindre et même de couper les jarrets du cheval.

Il subit un second déclin après les tentatives d'invasions mongoles (1281) puis reprit de l'importance au début de l'époque Muromachir (1336) avant de retomber dans l'oublie lorsque les guerres civiles reprirent (début XVIème siècle). Puis un nouvel essor et déclin définitif lorsque Oda Nobunaga (représenté dnas le film Shogun), anti-conformiste et fin stratège, utilisa systématiquement vers 1600 les mousquets en combats, en faisant viser les chevaux au lieu des cavaliers.

A la fin de la période où la caste du samouraï fut dissoute et le port du sabre interdit (1876), on comptait encore plus de cinquantes écoles différentes de Bajutsu au Japon, dont la plus ancienne datant du XVème siècle était la Otsubo Ryu.